MT CHEFFE D'ENTREPRISE ET ESTHETICIENNE JUILLET 2020

 

Aujourd'hui, 30% des entreprises françaises sont créées par des femmes. Les femmes représentent 40% des entreprises individuelles, surtout dans le commerce et le service à la personne. Comme pour les hommes, l’entrepreneuse moyenne est mariée et a des enfants. Elle doit donc concilier vie familiale et vie professionnelle. 46% d’entre elles estiment plus simple de concilier ces deux mondes en tant que dirigeante d’entreprise. 

Comment faire changer le regard sur l’esthéticienne de demain ?

 

En maîtrisant les chiffres :

Il faut savoir que les femmes sont moins bien financées que les hommes lors de la création d’une entreprise. Le taux de rejet de crédit demandé par des créatrices d’entreprises est de 4,3% contre 2,3% pour les hommes, soit quasiment la moitié. Et pourtant, les financements dont celles-ci ont besoin, sont généralement moins élevés que ceux de leurs congénères masculins. Ainsi, elles sont 44% à estimer que les échecs de création d’entreprise s’expliquent par le manque de financement. Certains banquiers diront qu'elles ne maîtrisent pas assez leur business plan ou leur prévisionnel. Mesdames, à vous de jouer et de leur prouver qu'ils se trompent !

 

Voici un petit test à faire dans votre institut sans ressortir le dernier bilan :

Quel était votre chiffre d’affaire de l’année dernière ?

Quel était votre panier moyen ?

Quel était votre EBE l’année dernière ?

Quel est votre taux de marge moyen sur vos prestations ?

Connaissez-vous votre seuil de rentabilité ?

Option 1 : vous avez réussi à répondre à ces 5 questions ; parfait, vous maîtrisez les enjeux économique de votre entreprise ! Vous pouvez ajuster les voiles selon l’orientation que vous souhaitez prendre, comme par exemple, l’augmentation de votre salaire ou l’embauche d’une salariée.

Option 2 : vous ne connaissez pas toute les réponses ; pas d’inquiétudes, il existe des formations pour vous apprendre à lire un bilan comptable ou calculer vos chiffres selon les charges de votre institut. Il est très important pour l’avenir de votre entreprise que vous ne restiez pas dans le flou et hasarder avec la comptabilité.

Dans le contexte économique actuel, vous devez pouvoir justifier vos chiffres. Lors d’un rendez-vous bancaire, pour l’acquisition de votre nouvel appareil, votre conseiller vous demandera des chiffres. Il faudra le rassurer et montrer que vous maîtrisez votre business plan. Soyez professionnelle ! Préparez votre rendez-vous en amont. Vous êtes une cheffe d’entreprise avec la tête sur les épaules. Vous devez donc savoir répondre à toutes les questions concernant votre projet.

 

En vous formant :

Pour être crédible envers vos différents interlocuteurs (consœurs, chefs d’entreprise, salariés, etc…) et ne pas rester sans voix, vous ne devez pas hésiter à vous former pour apprendre ou améliorer vos lacunes. L’école n’aborde malheureusement pas tous les enjeux de l’entreprise et nous ne découvrons qu’une fois dans l’action que nous n’avons pas toutes les clefs.

Essayez de trouver des formations gratuites. Rapprochez-vous, par exemple, de votre centre de gestion agrée qui vous proposera différents thèmes comme « pourquoi et comment lire un compte de résultat et un bilan » ou encore « réalisez votre plan de trésorerie ». Vous pouvez également vous renseigner auprès de la CNAIB de votre département. En tant que chef d’entreprise, vos demandes seront prises en charge par le FAFCEA (fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanales).

La CCI ou la chambre des métiers de votre département vous proposent également de nombreuses formations (gestion d’entreprise, management, langues, etc...).

Si vous êtes dans l’impossibilité de vous déplacer, il existe des formations « webinaire ». Ce sont des formations en ligne. Elles se déroulent par écran interposé, sur une durée prédéterminée (de 1h à 2h), à des horaires fixées préalablement (www.cgala.fr).

Plus vous serez formée et dans la connaissance de vos sujets, plus vous prendrez confiance en vous et saurez-vous vendre ou négocier avec vos différents partenaires entrepreneuriaux.

En intégrant les différents réseaux :

La plupart des chefs d'entreprise « masculins » adhérent à des groupements (BNI, CPME, Réseau entreprendre, etc…). Vous devez intégrer un réseau. L'idéal serait un cercle de dirigeants mixtes. Vous côtoyez déjà beaucoup de femmes. Ces clubs permettent de discuter entre pairs, de bénéficier de l'expérience de chacun, d'agrandir son réseau et de développer ses compétences. L'objectif de ces groupements est de briser la solitude du chef d'entreprise et d'accompagner pour affronter les moments difficiles. La richesse des différents secteurs d'activité permet de se rendre compte que les difficultés sont souvent les mêmes et les solutions également.

La majorité des associations sont payantes (cotisation de 50€ à plus de 1000€). Vous devez rechercher celle qui vous correspond le mieux. Vous pouvez déjà commencer par intégrer l'association des artisans-commerçants de votre commune. S’il n’y en a pas, et bien, osez et lancez-la ! Cela vous fera un joli coup de publicité au passage.

Vous êtes trop timide, les hommes vous font peur ou vous préférez un environnement féminin ; vous pouvez intégrer des réseaux comme Femmes de Bretagne, Femmes chefs d'entreprises (FCE France), Actionn'elles, le réseau Mampreneures, etc...

L'esthéticienne de demain :

Vous êtes esthéticienne, mais surtout et avant tout une cheffe d'entreprise avec un grand « C ». Surtout, n'oubliez pas, maîtrisez vos chiffres et formez-vous pour atteindre l'excellence.

Lorsque quelqu’un vous demandera votre métier, la tête haute et le talon aiguille prêt à bondir, vous pourrez répondre : Mme X, cheffe d'entreprise dans mon métier de cœur l'esthétique.

L'esthéticienne de demain, c'est vous, c'est moi ! Soyons fière de notre métier, mais ne laissons pas l'esthétique s'ouvrir à l'amateurisme.


 

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