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Marie Taupin a créé la franchise Bulle de bien-être dans les Pays de la Loire. Son souhait ? Développer les instituts de beauté en milieu rural et aider les femmes à devenir patronne.
 

« Si on écoute les gens dans les petits bourgs, on ne fait jamais rien. Alors, je me suis écoutée », raconte avec un large sourire Marie Taupin depuis la cabine d'une de ses sept instituts franchisés. « Depuis toute petite, je voulais gérer mon entreprise. »

Marie Taupin, 38 ans, a commencé par transformer l'ancienne salle d'exposition de son oncle, constructeur de maisons individuelles, en un petit cocon de beauté de 60 m2à Petit-Mars, 3 600 habitants au nord de Nantes. « Mes parents m'ont prêté 5 000 € pour démarrer. » Car côté banques, trouver un prêt a été aussi douloureux qu'une épilation. « Les banquiers me disaient que lancer un commerce à Petit-Mars n'allait pas marcher. »

 

Deux pour le prix d'un

Les Marsiens (habitants de Petit-Mars) aussi l'ont regardée comme une extraterrestre. « Certains étaient sceptiques sur la durée de vie d'un institut de beauté à la campagne. » Qu'importe, elle relève ses manches. « En 2005, les gens venaient surtout en institut par nécessité, se souvient l'esthéticienne. Aujourd'hui, ils cherchent à se relaxer. »

Le bouche-à-oreille fait son effet : le directeur d'un supermarché voisin lui propose d'ouvrir un institut dans sa galerie, le début d'une série d'ouvertures de Bulles de bien-être.

La vente, quatre ans plus tard et « à bon prix », de ce deuxième salon d'esthétique, lui a permis d'en acheter deux autres : à Mauve-sur-Loire, en lointaine périphérie nantaise, et à Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire). Marie leur a redonné des couleurs. « On a doublé le chiffre d'affaires ». Entre-temps, son premier institut a déménagé sur la place du village et sa surface a triplé !

 

Depuis 2016, Marie Taupin a officialisé sa franchise. Le droit d'entrée dans le réseau est fixé à 7 000 €. La cheffe d'entreprise ne réclame pas de redevance sur le chiffre d'affaires. « Je ne veux pas récupérer le fruit du travail des franchisées. » Son quatrième établissement est niché à La Chaize-Giraud, 1 079 habitants au coeur de la Vendée. « J'ai eu un coup de coeur en voyant l'institut sur le Bon Coin ! » S'installer en milieu rural, « c'est entretenir un lien de proximité avec les habitants ». Des hommes (20 %), des femmes, des jeunes filles, des grands-pères... La clientèle qui s'allonge sur la table de Bulle de bien-être est variée. « Les gens cherchent un contact. Parfois, nous sommes les seules à qui une personne âgée va parler dans la journée »,insiste la cheffe d'entreprise.

Depuis trois ans, elle n'est plus en cabine. « J'avais trop de choses en tête : la comptabilité, les salariés, les formations... » Jamais elle n'aurait cru se retrouver à la tête d'un réseau de sept instituts qui compte treize personnes dont huit de ses salariées. L'an dernier, Bulle de bien-être a enregistré son meilleur chiffre d'affaires : 300 000 €. Mais la patronne tempère. Tout n'est pas aussi rose que son enseigne. « Il y a des difficultés à gérer. » Être cheffe d'entreprise, c'est aussi du temps en moins avec ses deux enfants, et du stress. Douce et déterminée, elle avance au gré des opportunités. Une nouvelle Bulle doit ouvrir cette année.

Elle souhaite désormais inciter les femmes à se lancer. « Nous sommes aussi capables que les hommes », juge-t-elle nécessaire de rappeler. Elle prévoit de présenter son réseau de franchise dans des écoles d'esthétique « en les accompagnant le plus possible ». Le conseil de Marie Taupin ? « Osez ! »