Se prémunir des conséquences d’un arrêt maladie en tant qu’entrepreneuse dirigeante

Malheureusement, personne n’est à l'abri d'un congé pour maladie pour diverses raisons : un accident, une grave maladie, un enfant hospitalisé, etc. Tous les dirigeants d’entreprise n’ont pas les mêmes droits en matière de prestations sociales. En effet, le niveau de protection n’est pas identique pour les chefs d’entreprise dépendant du régime général et les dirigeants non-salariés qui dépendent du régime des travailleurs non-salariés (TNS). Les entrepreneurs concernés par le régime général de la sécurité sociale des salariés sont les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL, les présidents et directeurs généraux de SA et les dirigeants de Scop. Tous les autres dirigeants, entrepreneurs individuels ou gérants majoritaires de SARL, relèvent du régime social des indépendants (RSI). 

 

Régime général de la sécurité sociale : prestations en cas d’arrêt de travail  

En cas d’arrêt de travail pour maladie, les dirigeants dépendant du régime général bénéficient d’indemnités journalières. Celles-ci sont égales à la moitié du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois. En 2018, le montant maximum des indemnités journalières s’élevait à 44,34 euros. Cette indemnité pouvait monter jusqu’à 59,12 euros en cas de majoration pour enfants ou pour un arrêt maladie de longue durée. Les dirigeants ayant au moins 3 enfants à charge peuvent bénéficier d’une majoration à 66,66 % à partir du 31e jour d’arrêt, à condition que le montant de l’indemnité n’excède pas 59,12 euros par jour. Les indemnités sont versées à partir du 4e jour de l’arrêt, après un délai de carence de 3 jours. Les cotisations sont prélevées sur le salaire brut : 13,10 % pour la part patronale et 0,75 % pour la part salariale.

 

Régime social des indépendants (RSI) : prestations en cas d’arrêt de travail  

Les dirigeants relevant du RSI bénéficient également d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. L’indemnité journalière est égale à 1/730e du revenu professionnel moyen des trois dernières années civiles. Pour les revenus supérieurs à 3862,80 euros, elle est comprise entre 21 euros et 54,43 euros par jour. Pour les micro-entrepreneurs, cette indemnité est comprise entre 5,29 euros et 54,43 euros. En cas de revenus inférieurs à 3862,80 euros, l’indemnité est d’environ 21 euros, excepté pour les micro-entrepreneurs qui n’y sont plus éligibles. Les indemnités journalières sont versées le 4e jour pour les arrêts de travail supérieurs à 7 jours. Il en va de même en cas d’hospitalisation. Pour les arrêts d’une durée inférieure ou égale à 7 jours, le versement se fait le 8e jour. Voici une liste de garanties complémentaires au RSI pour vous assurer une couverture optimale :

  • L’assurance complémentaire santé : C'est un contrat qui a pour objet de prendre en charge tout ou partie des dépenses de santé (maladie, accident, maternité, etc.) non couvertes par l'assurance maladie obligatoire ;
  • La garantie incapacité temporaire ou partielle : Elle prévoit, en cas d'arrêt de travail consécutif à une maladie ou à un accident, le paiement d'une indemnité journalière. Son montant est fixé lors de la souscription du contrat en fonction des revenus de l'intéressé. Il ne peut excéder le montant de la perte réelle de revenus restée à la charge de l'assuré après intervention des organismes sociaux ;
  • La garantie invalidité : Elle prévoit, selon les dispositions du contrat, le versement d'un capital ou d'une rente en cas d'invalidité permanente, totale ou partielle, consécutive à une maladie ou à un accident.

Astuce :

En tant que TNS, vous avez l’avantage de pouvoir profiter du dispositif "Madelin" pour votre couverture santé et votre prévoyance. Cela vous permet de déduire (tout ou partie) vos cotisations de votre revenu professionnel imposable en l'incluant dans vos charges d'entreprise. Attention, il y a un montant déductible à ne pas dépasser : 7 % du PASS + 3,75 % du BIC/BNC dans la limite de 3 % de 8 PASS. Le PASS désignant le plafond annuel de la sécurité sociale qui est fixé à 41 136 € pour 2020.

 

Gérer la contrainte du manque d’argent lorsque l’on est cheffe d’entreprise

Si votre institut ne vous octroie pas une rémunération conséquente, il est peut-être judicieux de faire le point avec votre comptable. Votre marge est-elle suffisante ? Vos prix sont-ils assez élevés ? Ne travaillez pas pour la gloire ! Vous devez améliorer votre rentabilité. Le salaire en tant que cheffe d’entreprise devrait être au minimum de 1500 €. En cas de difficultés, vous avez des solutions : 

  • Prêt garanti par l’état (PGE) ;
  • Fonds de solidarité pour une entreprise touchée par les conséquences du Covid-19 ;
  • En cas de difficultés temporaires de trésorerie, il est possible d'obtenir des délais de paiement pour certaines dettes fiscales et sociales. Pour cela, vous pouvez saisir la commission départementale des chefs des services financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale (CCSF) ;
  • Le Médiateur du crédit, dispositif mis en place par la Banque de France, qui permet de négocier avec les établissements financiers afin de trouver une solution ;
  • Le Tribunal de commerce territorialement compétent afin d’expliquer et d’évaluer le niveau de difficulté dans laquelle l’entreprise se trouve. À l’issue de cet entretien, vous pourrez décider du dispositif le plus adapté à votre situation : prévention des difficultés (mandat ad hoc ou conciliation judiciaire) ou bien procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire) ;
  • Mise en place du chômage partiel si vous avez des employées.

Astuce :
Vous pouvez aller remplir un tableau « auto diagnostic » sur le site du greffe

Gerer contrainte du manque d’argent quand on est cheffe d’entreprise

Préserver sa vie de famille

Une des difficultés à gérer lorsque l'on est à son compte est la gestion du temps consacré à sa famille. Combien de fois avez-vous entendu : maman, tu travailles trop ; tu es toujours au travail ; chérie, tu rentres tard ; tu es trop fatiguée ; tu devrais prendre des vacances. Ah ! Au secours ! Ma semaine est trop courte. Je n'arrive pas à tout gérer. Voici quelques astuces pour gagner du temps au quotidien :

  • Faites vos courses au drive et pré-enregistrer votre liste sur le site de commande en ligne. Vous pourrez ainsi vous en servir comme base pour vos futures courses ;
  • Prenez une femme de ménage en CESU (déductible des impôts) 2 à 3 heures par semaine pour votre domicile ou votre institut ;
  • Programmez vos vacances en avance et préparez vos clientes à votre absence. L'idéal est de toujours prendre la même période (ex: les 15 premiers jours d'août, la semaine du 1er de l'an, etc.). Vos clientes seront habituées et elles ne vous feront plus aucune réflexion ;
  • Renseignez-vous pour prendre une stagiaire en esthétique ou en accueil pendant vos grosses périodes (Noël, fête des mères, etc.).

 

Chercher du soutien et éviter la solitude en tant que gérante 

Ce n’est pas simple de tout gérer et de tout porter sur ses épaules. Le chef d’entreprise se sent souvent seul. Vous avez des collaboratrices, mais cela peut être compliqué d’aborder avec elles vos doutes, votre manque de motivation ou vos peurs. Il faut pourtant en parler et ne pas rester seule. En parler à votre conjoint, ce n’est pas forcément la bonne idée non plus, surtout s’il est de nature à stresser. Vos amis ne vont sûrement pas vous comprendre s’ils ne sont pas à leur compte. Qui reste-t-il ? Vos consœurs seront les plus légitimes à vous écouter et à vous conseiller. Elles ont les mêmes problématiques que vous. Elles auront (pour la plupart) une épaule pour vous reposer et une écoute bienveillante. Où les trouver ? Sur les réseaux sociaux, différents groupes peuvent vous apporter un appui et vous permettre de parer l’isolement :

  • Esthédéfilles ou Esthéticienne performante (Nelly colo et Aurore Vantal) ;
  • Le métier d’esthéticienne (Sophie Queiros) ;
  • GGIB (ML brana) ;
  • Cercle des gérantes d’institut (UDEF – Michel Alain Girard) ;
  • Les esthéticiennes du net (Mélanie Moreno). 

Les réunions organisées par la CNAIB dans votre département ou votre région sont également propices aux rencontres.

Chercher du soutien et eviter la solitude en tant que gerante

 

En conclusion, rien n’est insurmontable. Nous avons détaillé comment gérer les contraintes lorsque l'on est cheffe d'entreprise. Les solutions d’assistance sont présentes, mais il faut savoir les utiliser et ne pas se laisser déborder. Vous pouvez vaincre les difficultés si vous êtes bien accompagnées. Passer en franchise peut également être une solution avantageuse afin de profiter de l’expertise d’un réseau. Si cette option vous intéresse, retrouvez la section énumérant les atouts de devenir franchisé Bulle de bien-être.